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Lexique
Acheuléen : civilisation
de la préhistoire. Elle tire son nom du gisement de St-Acheul
près d'Amiens (France). Le biface en est l'outil le plus
représentatif. L'homme qui vivait à cette période,
commencée il y a environ 700 000 ans en Europe, est l'Homo erectus.
Les populations vivaient en petits groupes, chassaient de grands
herbivores aujourd'hui disparus et vivaient dans des abris en peau et
en matière végétale. Le climat était le plus souvent glaciaire.
Âge du Bronze :
Pendant l’âge du Bronze, des centres de
métallurgie, apparemment dirigés par des élites,
se sont développés dans les
zones géographiques riches en minerai d’étain et de
cuivre. (Hongrie, Autriche,
Angleterre, Irlande, Espagne, …). On y produisit en
quantité des haches, des épées, des épingles, des parures, etc.
Parallèlement au commerce des métaux, on voit se développer un réseau européen d'échanges
culturels, notamment avec les "routes de l'ambre". Les gens de
l'âge du Bronze vivaient dans de petites maisons de
bois, de terre et de paille regroupées en villages. Ils
cultivaient des céréales et élevaient surtout le
porc et le mouton. En Brabant wallon, les objets de bronze sont
assez rares. Par contre, on retrouve de nombreuses tombelles (tertres
de terre), principalement dans le Bois de la Houssière à
Virginal/Braine-le-Comte. Ce lambeau de verdure était
relié à l'immense forêt de Soignes qui recouvrait
la plus grande partie du Brabant Wallon, du moins du
Mésolithique
jusqu'à l'âge du Bronze.
Âge du Fer : Vers
700 av. notre ère, une
nouvelle industrie va se développer à partir de
l’Autriche et d’un site éponyme
appelé « Hallstatt » : celle du fer.
Le fer est bien plus facile
à se procurer. Rapidement, la sidérurgie va se
généraliser dans l’Europe
entière pour aboutir à la brillante civilisation paysanne
et guerrière des Celtes.
Des centres fortifiés (sortes de grands villages entourés
de murs en terre, bois ou pierre) vont alors se développer sur
tout le territoire
compris entre l’Atlantique et les Carpathes, tandis que des
tombes princières
sous tumulus seront érigées pour inhumer des personnages
princiers de très haut
rang, peut-être de souche
« princière », notamment à Vix en
Bourgogne
et Hochdorf en Allemagne. En Brabant wallon, à
Court-Saint-Etienne, on a
retrouvé ce genre de sépultures, bien que moins
spectaculaires, avec des inhumations
de cavaliers guerriers accompagnés de céramiques,
d’épées en fer, et de pièces
de harnachement. Les
gens de l’âge du Fer étaient majoritairement
des paysans villageois qui cultivaient
plusieurs céréales et élevaient le boeuf, le porc
et le mouton. Ce dernier
fournissait la laine nécessaire pour fabriquer des
étoffes en grande quantité à
l’aide de métiers à tisser. Les étables
étaient parfois aménagées dans les
maisons de terre, de bois et de paille, tandis que les récoltes
étaient
stockées dans des greniers à grains sur pilotis, pour
éviter la nuisance des
rongeurs. C'est pendant l'âge du Fer que va s'intensifier
l'occupation humaine et son impact sur le paysage avec le début
du défrichage systématique autour des villages.
Aurignacien : nom
de la première culture du Paléolithique supérieur,
étalée entre 40 000 et 20 000 ans avant le
présent.
L'Aurignacien est très répandu dans toute l'Europe. Les
mécanismes d'apparition de cette culture sont encore
discutés, puisqu'ils correspondent à l'arrivée
des premiers hommes modernes (Homo sapiens) et à la disparition des Néandertaliens, sans limite franche, l'outillage
présentant pourtant une évolution significative. Un autre
fait intéressant de l'Aurignacien consiste en l'apparition des
plus anciens exemples d'art pictural avec les peintures
pariétales (ex : grotte Chauvet, Ardèche, France).
Colombage
: technique de fabrication manuelle consistant à superposer et fusionner
des boudins d'argile afin d'obtenir la forme creuse d'une poterie.
Cortex
: partie externe rugeuse, calcaire et souvent de couleur beige enrobant les rognons de
silex naturels. Le cortex est quelquefois présent sur les outils.
Grès quartzite de Wommersom
: roche grise très fine couverte de paillettes
microscopiques, dont la source d'approvisionnement se trouve dans la
région de Tienen (Vlaams Brabant).
Magdalénien:
culture la plus récente du Paléolithique
supérieur, située entre 15 000 et 8 000 ans avant J.-C.
L'industrie lithique se compose de lamelles retouchées, de
burins, de perçoirs et de grattoirs. L'industrie sur os est
très développée, avec la fabrication de harpons,
de têtes de propulseurs, d'aiguilles à chas et d'objets
d'art mobilier sculpté ou gravé. Le Magdalénien
est particulièrement bien représenté dans le
Sud-Ouest français.
Paléolithique supérieur et Mésolithique
: Le Paléolithique supérieur représente la dernière glaciation et l'apparition de l'homme moderne (Homo sapiens sapiens).
Pendant cette période, qui dura plus de 20 000 ans, plusieurs
cultures vont se succéder en Europe : le Périgordien,
l'Aurignacien, le Gravettien, le solutréen et le
Magdalénien. Les peuples de ces périodes ont tous
laissé des traces de production artistique, surtout de l'os
travaillé et des peintures dans les grottes du Sud-Ouest
français et des Pyrénées. Une structure sociale de
chasseurs-cueilleurs transparait à travers la structuration domestique des différents campements fouillés dans diverses régions d'Europe.
Mésolithique : période de transition définie en 1909 par J. de Morgan,
regroupant les cultures placées entre le Magdalénien (env. 10 000 av. J.-C., selon les régions)
et le Néolithique (env. 5 000 av. J.-C., selon les
régions). Il s'agit d'une période clé,
marquant le passage des sociétés basées sur la
chasse vers celles basées sur l'agriculture et l'élevage.
Le Mésolithique est également contemporain
des effets de la fin de la dernière glaciation : fonte de la
calotte glacière sur l'Europe du Nord, colonisation humaine,
apparition d'une faune et d'une flore comparable à celle
d'aujourd'hui.
Michelsberg
: culture du Néolithique moyen, située entre 4 500 et 3
200 av. J.-C., dont on retrouve la trace en Allemagne occidentale, en
Belgique et en France septentrionale. On en retrouve de nombreux témoins en Brabant Wallon. Le silex était importé des centres
d’extraction minière. Les deux principaux se trouvent à Spiennes (Hainaut) et à
Orp-le-Grand (Brabant wallon). Dans les deux cas, des générations de mineurs
ont creusé des puits et des galeries d’extraction pour remonter d’énormes
quantités de silex à la surface. Ils travaillaient à l’aide de pics en silex ou
en bois de cerf pour creuser le sol calcaire, et de pelles en bois ou en
omoplate de bœuf pour retirer les gravats. Les mineurs descendaient
dans les puits à l’aide de cordages en lin. Les habitats, parfois entourés d’une levée de terre
défensive, étaient implantés sur les hauteurs à proximité d’étangs ou de cours
d’eau. On connaît plusieurs sites bien documentés notamment à
Grez-Doiceau/Ottembourg, Mont-Saint-Guibert, Chaumont-Gistoux,
Rhode-Saint-Genèse, Braine-L’Alleud, Ophain-Bois-Seigneur-Isaac, Ittre, Quenast
et Virginal. On y a découvert
de nombreux outils en silex de Spiennes ou d’Orp-le-Grand. Parmi ceux-ci, on
rencontre surtout des grattoirs et de longues et épaisses lames
retouchées. Les haches polies, fréquentes dans
la région, une fois emmanchées, servaient à abattre les arbres et à sectionner
les rondins de bois. Dès lors, afin d’installer de petits villages de terre, de bois
et de paille, l’homme commença à défricher l’immense forêt qui recouvrait nos
régions. Les armatures de flèches
attestent que le gibier était chassé. Mais l’arc intervenait aussi en tant
qu’arme mortelle, lors d’affrontements entre tribus ennemies. En effet, dans les sépultures du Néolithique
récent/final, les pointes de flèches fichées dans des ossements humains ne sont
pas rares en Europe à cette époque. Les tranchets, déjà utilisés au
Mésolithique, servaient à fendre et à sculpter le bois, quelque peu à la
manière d’un rabot ou d’une herminette moderne.
Ils auraient aussi servi d'outils pour travailler le sol. Leur grande
fréquence en Brabant laisse néanmoins penser que le bois
était intensément
travaillé pendant le Néolithique. Les poteries,
rarement décorées, étaient souvent en forme de
tulipe ou de bouteilles circulaires à col cylindrique.
On y stockait les céréales cultivées. Une fois
récoltés, les grains étaient
transformés en farine alimentaire à l’aide de
meules et de molettes en grès. Ce
système est encore utilisé de nos jours par plusieurs
populations villageoises
d’Afrique. L’archéologie
n’a pu
retrouver que très peu de plans de maisons datant du Néolithique
Michelsberg, hormis quelques fosses et traces de poteaux en bois
Moustérien
: culture émanant des populations néandertaliennes ayant vécu
en Europe (Paléolithique moyen). Le nom vient d'un gisement
important à la grotte du Moustier en Dordogne (France).
L'industrie lithique alors en usage consistait à configurer un
bloc de matière première en vue d'obtenir des lames, des
pointes et des éclats (racloirs) d'une forme spécifique
(chaîne opératoire conceptualisée) : c'est la
technique Levallois, partagée de l'Europe du Nord jusqu'au
Moyen Orient, avec des variantes régionales. Par exemple, lorsque
l'outil présente des retouches en écaille, on parle de
technique "Quina" (d'après un site de Charente en France). Le
Moustérien étant avant-tout une culture de chasseurs
nomades, le travail de l'os et de la peau était fort
présent, tandis que les groupes humains vivaient dans des
campements de peau et de bois, en plein air ou à l'entrée
d'une grotte. C'est au Moustérien que nous retrouvons les plus
anciennes traces fiables de sépultures de Néandertaliens
(ex : grotte de Spy près de Jemeppe-sur-Sambre, mondialement connue).
Néolithique : il y
a 9 000 ans, au Proche Orient
et plus particulièrement dans le Croissant fertile (Moyen
Orient), apparurent
de nombreuses innovations dans le mode de vie. Les populations vont se
sédentariser pour vivre dans des maisons regroupées en
villages. Des céréales
vont être cultivées alors que les animaux sauvages que
sont l’aurochs, le
mouflon et le sanglier seront domestiqués pour devenir
respectivement le bœuf,
le mouton et le porc. C’est au Néolithique que
s’intensifia l’usage de poteries
ainsi que la confection des premiers textiles issus de la culture du
lin. En Europe, le phénomène néolithique
débuta
plus tard, il y a environ 7 500 ans, très lentement dans
certaines régions.
Cela n’est pas dû à un retard dans l’aptitude
à innover, mais probablement à
l’ancrage dans un mode de vie solidement basé sur la
chasse, voire à une
mentalité trop spécifique pour modifier les habitudes. Un
courant proprement
néolithique vit d’abord le jour dans la vallée du
Danube pour s’étendre vers
l’Occident jusqu’en Hesbaye, Limbourg, Hainaut et
dans le Bassin parisien. Les gens de cette culture du
Néolithique ancien,
appelée rubanée en allusion aux décors en rubans
systématiquement figurés sur
leurs poteries, installaient leurs villages dans les plaines
lœssiques d’Europe
moyenne. La culture rubanée disparut vers 4 800 av. J.-C.
Ailleurs, en Europe septentrionale et sur la façade atlantique,
vivaient des populations dont le mode de vie rappelle celui des
chasseurs-récolteurs
mésolithiques. Ils auraient pratiqué un culte des
ancêtres, rendu apparent par
un besoin de garder un contact physique avec les morts, desquels ils
prélevaient des reliques et manipulaient les os dans des
sépultures aux types
variés (grottes, pré-mégalithisme, fosses en
commun). Au contraire, les rubanés enfouissaient plutôt
leurs défunts dans des
fosses individuelles, avec les jambes repliées, afin de les
laisser reposer
sans jamais les déranger, tandis qu’un culte voué
à une « divinité
souveraine » était organisé autour de
statuettes anthropomorphes. Plus tard, au Néolithique Moyen puis
final, des dizaines de cultures différentes vont
apparaître avec un point commun : le mégalithisme,
dont les origines remonteraient au Mésolithique. En
Brabant Wallon, la culture Néolithique qui laissa le plus de
traces matérielles est celle du Michelsberg.
Orp-Le-Grand / Jandrin-Jandrenouille
: localité du Brabant Wallon où fut exploité le
silex présent dans le sous-sol, en creusant des puits
d'extraction minière, mais de manière moins intense
qu'à Spiennes.
Paléolithique
: la plus longue et ancienne période de la préhistoire
humaine.
Elle s'étale en Europe de 1 000 000 à 10 000 ans
av. J.-C. On la découpe en trois périodes principales :
Paléolithique inférieur, moyen et final. Les deux premières
sont caractérisées par l'évolution d'Homo erectus
vers l'Homme de Neandertal. Ces hominidés avaient pour
outil principal le biface et chassaient de grands herbivores
(Mammouths, aurochs, bisons, rhinocéros) dans un paysage steppique au
climat glaciaire, parfois entrecoupé d'épisodes
cléments (réchauffements climatiques étalés
sur plusieurs milliers d'années). L'Homme moderne apparut
à la fin de la période (Paléolithique final -
Aurignacien), en même temps que les premières peintures
dans les grottes de France (Dordogne, Ardèche,...) et d'Espagne
pyrénéenne.
Phtanite d'Ottignies
: roche siliceuse noire mate, très proche du silex,
exploitée pendant toute la préhistoire dans nos
régions, et dont la source d'approvisionnement se trouve entre
Ottignies et Louvain-la-Neuve.
Phytolithes
: pierres microscopiques contenues dans les
céréales, qui lustrent par frottement la surface des
lames de silex
ayant servi à moissonner au Néolithique.
Propulseur : En dehors des pièges à gibier, l’arme de chasse principalement utilisée au Paléolithique supérieur
était la sagaie et le harpon. Le propulseur, sorte de long
manche en bois terminé d’un crochet en os, servait à lancer une javeline de deux mètres
environ, fichée d’une pointe en os ou en silex. Cette arme pouvait transpercer un renne à plusieurs
dizaines de mètres de distance.
Spiennes
: site préhistorique majeur localisé dans la campagne de
Mons (Hainaut). On y a retrouvé plusieurs puits creusés
dans la craie à l'aide de pics, donnant accès à
des salles où les nombreux rognons de silex étaient
prélevés. Le silex de Spiennes était
exploité de manière industrielle pendant la préhistoire (du Mésolithique à l'âge du Fer,
avec une intense activité au Néolithique moyen). Il s'agit là d'un des
plus anciens témoignages d'extraction minière au monde,
avec des exportations vers toute l'Europe du Nord-ouest, ce qui valut
au site de Spiennes un classement sur la liste du Patrimoine mondial
de l'UNESCO.
Tour de potier
: dispositif mécanique, encore utilisé aujourd'hui, permettant à un plateau de tourner sur
lui-même par le mouvement des pieds du potier. Une motte d'argile fraîche est alors
plaquée dessus puis façonnée de manière
régulière pour fabriquer un récipient.
Tracéologie
: étude au microscope des traces d'usure sur la surface des silex,
permettant de comprendre l'usage qu'en faisaient les populations de la préhistoire. |